Thème

Croissance, Evangélisation

Auteurs

M-A. Brun

Lieu

Le Plateau

Date

13/08/2024

Avant-propos : ⚠️ Ce texte a été rédigé avant la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024. Toute allusion ne constitue donc ni une réaction à chaud ni une opposition directe à ce qui s’est déroulé.

Nos échanges portaient sur un sujet davantage centré sur les personnes ayant une sexualité différente de celle définie, selon le plan divin.

Il s’agit ici uniquement de mes notes personnelles en lien avec le titre de l’article.

Pour toutes réactions merci de me contacter par mail : marcobrun888@icloud.com

Accueillir l’autre dans sa différence

« Seul un esprit éduqué peut comprendre une pensée différente de la sienne sans devoir l’accepter. » Aristote

Êtes-vous woke ? Moi, oui.

Qu’entend-on par « wokisme » ?
Le terme « woke » vient du verbe anglais to wake (« se réveiller ») et désigne un état d’éveil face aux injustices. Il désigne initialement ceux qui prennent conscience des enjeux liés à la justice sociale et à l’égalité.

Dans notre vie chrétienne, accueillir l’autre dans sa différence est un appel plus profond encore. Je n’ai aucun doute sur votre capacité à le faire. L’histoire des églises évangéliques du Plateau en témoigne : elles ont su ouvrir leurs portes à tous, quels que soient leur parcours ou leurs convictions.

Nous sommes tous, à notre manière, l’original d’une tierce personne. Et lorsque l’on invite à l’église ceux qui ne sont pas familiers du monde évangélique, voici ce que l’on peut entendre :

« Quoi ? Le dimanche, tu vas à l’église ? Moi, le dimanche, je veux vivre ma liberté. Chacun sa croyance… »

Pourquoi une telle réponse ?

Peut-être que l’Église, dans son histoire, n’a pas toujours été juste, par crainte ou par fidélité à la Parole…

Pour faire simple, nous avons parfois donné une impression inquisitoire ou de jugement à l’égard de personnes qui ne partageaient pas nos mêmes aspirations ou notre compréhension.
« Car, du jugement dont vous jugerez, vous serez jugés ; et de la mesure dont vous mesurerez, il vous sera mesuré. »  Mt 7.2

Mais nous-mêmes, en écoutant ainsi les avis de ceux qui ne connaissent pas Christ, ne risquons-nous pas de faire de même, en les qualifiant de marginaux ?
« Qui que tu sois, homme, toi qui juges, tu es donc inexcusable. En effet, en jugeant les autres, tu te condamnes toi-même, puisque toi qui juges, tu agis comme eux. »  Rm 2.1

Toutes les personnes sont des créatures de Dieu, faites à son image (Gn 1.26), avec un passé, un présent et un avenir, avec ou sans Dieu.
« Je te célébrerai de ce que j’ai été fait d’une étrange et admirable manière. Tes œuvres sont merveilleuses, et mon âme le sait très bien. » Ps 139.14

À nous d’être des témoins dignes du Seigneur dans notre témoignage :

  • En actes

  • En paroles

État actuel du monde et rôle de l’Église

Nous vivons aujourd’hui dans un monde post-moderne et post-chrétien, parfois même en pleine déchristianisation. Dans ce contexte, notre mission est claire : témoigner de notre foi, vivre notre piété et révéler l’amour de Dieu pour tous les hommes.

« Soyez toujours prêts à répondre, mais avec douceur et respect, à quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous. » 1 Pi 3.15

L’Église n’est pas d’abord un bâtiment. C’est Dieu lui-même qui la bâtit, pierre par pierre, cœur par cœur. Comme le dit Jésus à Pierre :

« Et moi aussi, je te dis que tu es Pierre ; et sur ce roc, je bâtirai mon assemblée, et les portes de l’Hadès ne prévaudront pas contre elle. » Mt 16.18

Christ est la Pierre angulaire sur laquelle repose toute l’Église (1 Pi 2.7-10). En elle, nous trouvons le soutien de la vérité, car Christ est la Vérité et la Vie (Jn 14.6).

« Mais, si je tarde, afin que tu saches comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’assemblée du Dieu vivant, la colonne et le soutien de la vérité. » 1 Tim 3.15

L’Église est donc bien plus qu’un lieu physique : elle est un peuple vivant, appelé à adorer Dieu en esprit et en vérité.

« Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. » Jn 4.24

Que chacun de nous, en paroles et en actes, reflète cette vérité et cette vie que Christ nous offre. Car c’est ainsi que l’Église grandit : non par les murs ou les pierres, mais par les cœurs transformés par l’amour de Dieu.

Comment devons-nous agir ?

Maintenant que les choses sont bien établies, comment devons-nous agir ?
Avec beaucoup de simplicité : témoigner.

Lorsqu’une pratique ou une communauté perdure depuis longtemps et semble apporter du bien à ceux qui y participent, beaucoup gravitent autour.
Oui, il est vrai que malgré les difficultés passées, présentes et à venir, nous rencontrons beaucoup de personnes qui vivent dans des besoins constants.

Comment y faire face ? Que nous enseigne le Seigneur ? Dans le premier discours de Jésus, en Matthieu 5 :

« 3 Bienheureux les pauvres en esprit, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux ;
4 Bienheureux ceux qui pleurent, car c’est eux qui seront consolés ;
5 Bienheureux les débonnaires, car c’est eux qui hériteront la terre ;
6 Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car c’est eux qui seront rassasiés ;
7 Bienheureux les miséricordieux, car c’est à eux que miséricorde sera faite ;
8 Bienheureux ceux qui sont purs de cœur, car c’est eux qui verront Dieu ;
9 Bienheureux ceux qui procurent la paix, car c’est eux qui seront appelés fils de Dieu ;
10 Bienheureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car c’est à eux qu’est le royaume des cieux. » Mt 5.3-10

Le Seigneur rappelle que, lors de ce discours, tous ne croient pas encore en Lui ou ne l’ont pas reconnu comme Dieu incarné.
Lors des cultes, il en est souvent de même : beaucoup luttent pour persévérer dans la foi.

C’est pourquoi le culte — temps d’adoration et d’enseignement  doit être centré sur Christ (christocentrique). Son œuvre, annoncée dans la Bonne Nouvelle (l’Évangile), doit y être présente. Ainsi, une personne qui entend parler de Jésus pour la première fois, ou qui assiste au culte pour la première fois, pourra comprendre ce que font les chrétiens lorsqu’ils se réunissent, et être renouvelée et transformée.

Trop souvent, l’Église a mis l’accent sur le recalage à l’entrée, en jugeant ceux qui n’avaient pas les mêmes codes sociaux qu’elle (voir Jc 2.1-13). Pourtant, en voyageant à travers l’Europe, l’Asie, l’Afrique ou les Amériques, on constate différentes facettes de la culture chrétienne, toujours influencées par l’environnement et les personnes qui la composent.

L’Église ne doit pas refléter les manières d’être ou les habitudes de ses membres, mais être un reflet de Christ.

« Ceux qui sont en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, mais ceux qui se portent mal. » Mc 2.17

Prendre soin

Prendre soin des personnes brisées par la vie, ou simplement en grande difficulté, et passer du temps avec elles, afin qu’elles découvrent ce que nous avons eu la grâce de connaître depuis notre enfance : l’amour, la paix et la présence de Dieu.

Le slogan de McDonald’s dit : « Venez comme vous êtes. »
Celui de l’Église devrait être :

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de cœur ; et vous trouverez le repos pour vos âmes. Car mon joug est aisé et mon fardeau léger. » Mt 11.28-30

Aujourd’hui, certaines idéologies humaines, comme le wokisme, peuvent se montrer plus fermées que l’Église. Elles exigent une adhésion totale et rejettent ceux qui pensent différemment.

Que ce soit dans les mouvements féministes, véganes ou de défense des animaux, il existe parfois une tendance à exclure ceux qui ont des opinions divergentes. Et que dire de ceux qui s’opposent à ces idéologies ? Pour eux, c’est beaucoup moins « woke ».

Pourtant, l’Église est appelée à être différente. Elle n’exclut pas, elle accueille. Elle offre un espace où chacun, avec ses faiblesses et ses différences, peut rencontrer le Christ, être reconnu, aimé et transformé.

L’amour de Dieu n’est jamais conditionnel. Il nous apprend à tendre la main, à écouter, à accueillir sans jugement et à être des témoins de sa grâce pour tous, quels que soient leurs parcours ou leurs convictions.

Christ n’a fait acception de personne.
En revanche, regardons la chrétienté :

Corrie Ten Boom a été martyrisée dans les camps de concentration et y a perdu sa sœur. Quelques années plus tard, elle a pardonné à son bourreau (Mt 5,10).

Le brigand à la croix avec le Seigneur :

« Il disait à Jésus : “Souviens-toi de moi, Seigneur, quand tu viendras dans ton royaume.” Et Jésus lui dit : “En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.” » (Lc 23,42-43)

L’homme possédé (Mc 5), identifiable à un toxicomane ou à une personne sous emprise démoniaque, et la femme samaritaine (Jn 4), représentant une personne ayant une vie sentimentale et familiale complètement brisée.

Ces exemples viennent du Seigneur. Comment les transposer à notre vie ?

  • L’homme boiteux (Ac 3) → malade, en besoin de guérison.

  • L’Éthiopien eunuque (Ac 8) → étranger ou personne venant d’un autre peuple ou avec une sexualité différente de celle créer par Dieu.

  • Le magicien (Ac 13) → versé dans l’occultisme et dans la recherche de prospérité.

  • Les personnes ayant d’autres croyances (Ac 17) → musulmans, hindouistes, bouddhistes…

Le Seigneur nous les fait rencontrer : que devons-nous attendre ?

« Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n’ont point cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n’ont point entendu parler ? Et comment entendront-ils sans quelqu’un qui prêche ? » Rm 10,14

Paul, apôtre des nations (Rm 11,13), a été envoyé à tous (1 Cor 9,19‑23).
Mais nous avons tous des rôles différents (1 Cor 12 ; Eph 4,11). Nous ne sommes peut-être pas tous capables de nous adapter à l’environnement et à la culture d’un lieu, mais nous devons tous participer à l’œuvre d’évangélisation (2 Tm 4,5).

Sans oublier un point essentiel au témoignage :

« N’oubliez pas l’hospitalité ; car par elle, quelques-uns, à leur insu, ont logé des anges. » Hb 13,2

Et le point principal : « Aime ton prochain comme toi-même » Mt 22,39, qui trouve son origine dans Lv 19,18, appelée « la loi royale » selon Jc 2,8.

Nous sommes simplement des ambassadeurs ou représentants du Royaume de Dieu sur la terre :

« Nous sommes donc ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu exhortait par nous ; nous supplions en faveur de Christ : soyez réconciliés avec Dieu ! » 2 Cor 5,20

Nous n’avons rien à vendre, si ce n’est l’amour par lequel nous avons nous-mêmes été aimés.

Rappel de ce que Pierre dit au boiteux :

« Je n’ai ni argent ni or, mais ce que j’ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ le Nazaréen, lève-toi et marche. » Ac 3,6

Il ne s’agit pas de chercher à faire des miracles ; notre vie elle-même est un miracle, une grâce de Dieu.

Mais c’est difficile d’aimer sans rien attendre en retour.
Comme Christ qui a aimé l’Église (Eph 5) : Christ nous a aimés – l’Église d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Quand on pense à ce que cela Lui a coûté… il n’est pas de plus beau sacrifice que celui qui donne sa vie pour ses amis :

« Personne n’a un plus grand amour que celui-ci : donner sa vie pour ses amis. » Jn 15,13

Et Dieu l’a parfaitement accompli :

« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. » Jn 3,16

Nous sommes observés ; soyons donc dignes du Seigneur.

Voici notre seul message (Lc 10,27), et notre attitude le confirmera. Le Saint-Esprit fera le reste.

Marco Brun